Chambre 2, Julie Bonnie

Le résumé :

Travailler en maternité : du bonheur à l’état pur ? Pas tout à fait. Manque de temps, hiérarchie, commérages, discours hospitalier fragilisent Béatrice, auxiliaire de puériculture hypersensible, confrontée toute la journée à un tsunami d’émotions.
À mesure qu’elle ouvre les chambres sur telle patiente assignée à résidence, tel pédiatre acariâtre, tel déni de grossesse, telle femme en morceaux ou telle mère épanouie s’ouvrent les portes de sa mémoire. Et apparaît le théâtre fantôme de son existence passée : celle d’une danseuse nue s’épanouissant sur les routes dans la lumière des projecteurs et dans le regard des autres, au son de violons à la musique tenace. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo, Pierre le bleu et Pierre le rouge, tous les compagnons d’une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. Une vie à fleur de peau, charnelle, qui résonne étrangement avec l’expérience singulière de chacune des femmes des chambres 2, 4 ou encore 7. Jusqu’à ce que Béatrice ne puisse plus se satisfaire d’un corps enfermé dans une blouse.
Un hommage poignant au corps des femmes, à l’enfantement, à la nudité, et qui orchestre avec virtuosité toute la gamme des émotions et initiations que nous impose la vie.

Mon avis

En un mot : waow.
Dans Chambre 2 on vit le quotidien de Béatrice, une auxiliaire de puéricultrice en alternance avec son ancienne vie, lorsqu’elle dansait nue sur scène au son du violon de son compagnon Gabor. Béatrice est la maman de deux enfants bien portants mais pourtant entre les deux, il en manque un… Mort né. Le petit Jésus n’a pas eut la chance de sa soeur et de son frère.
Chambre 2 c’est aussi l’histoire marquante de cette femme qui quelques années plus tôt devait accoucher de jumelles. La première est bien arrivée, mais pour la deuxième ça s’est compliqué et elle est morte. Depuis, sa mère n’a plus quitté la Chambre 2, comme si à l’intérieur elle était morte avec son enfant, ne pouvant s’occuper de la moitié de jumelles restante, elle bien vivante et en pleine forme.
Ce roman, franchement, il vous prend aux tripes. On découvre différentes expériences de jeunes mamans et de jeunes parents qui se passe bien, moins bien voire mal. Là ou certaines choses se passent bien, on est confronté à des situations auxquelles on ne pense pas forcément, bien moins simple, des doutes, des angoisses, des maladresses… On s’en prend en pleine tête.

« Je ne sais pas si c’est un passage obligé, mais quand on a perdu un bébé on se rend compte qu’on peut donner la mort. C’est une possibilité. Donner la vie/donner la mort. Donner la vie donner la mort »

« On ne pense pas à la mort quand on donne la vie. »

Je crois que d’une certaine manière, ce livre m’a marqué. Je ne risque pas d’oublier de si tôt cette lecture. Ce roman m’a fait ressentir tout et son contraire. C’est une belle lecture, perturbante, pas toujours simple à lire mais qui prend toujours aux tripes, qui fait sourire parfois mais qui fait aussi peur…

3 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.