Les faibles et les forts, Judith Perrignon

41ILss1iRsL._Le résumé

« Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau. »

Mon avis

Ce roman nous emmène en Amérique, au Nord de la Lousiane en 2010. Mamy Lee vie avec sa fille Dana et ses petits enfants. En parallèle, on découvre son enfance difficile : quand la ségrégation rendait la vie des personnes de couleurs invivable. On suit la petite famille au bord de l’eau, une journée au bord du passé entrecoupée du passé de Mamy Lee (une journée à la piscine qui tourna au cauchemar). Leur journée d’ailleurs prit le même tournant…

C’est un roman qui ne laisse pas de glace. Leur situation choque tant au quotidien que par le passé de Mamy Lee avec ce racisme toujours plus présent même après un tel drame… Quelque soit notre couleur de peau, on souffre de la perte d’un être cher, alors autant dire que perdre plusieurs êtres chers d’un coup, c’est aussi difficile pour tous. C’est une chose qu’on ne peut souhaiter à personne. Ca ne laisse personne indemne. Ce qui est horrible, c’est de s’en servir pour justifier, pour étayer des thèses racistes au possible.

Judith Perrignon a écrit là un roman fort, riche, qui met le doigt ou ça fait mal. Des thématiques fortes sont abordées. C’est vraiment une belle découverte.

wpid-IMG_20130910_194223.jpgMerci à Nico pour ce prêt

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